Parents et enfants face au harcèlement

“Tu es gros, regarde toi.”

“Mais c’est quoi ces cheveux frisés et moches ?”

“Toi tu n’es rien de plus qu’un fayot”

Le 7 novembre, nous avons été sensibilisé au harcèlement scolaire avec la journée #NONauHarcèlement organisée par le Ministère de l'Éducation Nationale.



Qu'est-ce que le harcèlement ?

Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. A l’école elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre et se caractérise par 3 critères majeurs : ➖ Un rapport de force, de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes ; ➖ La répétitivité des agressions ; ➖ L’isolement de la victime.


Avec l’émergence d’internet et des réseaux sociaux, une nouvelle forme de harcèlement est né : le cyberharcèlement.

Cependant, ce dernier a comme caractéristiques l’anonymat des agresseurs et la propagation rapide des informations touchant à votre ado. L’absence de limites géographiques et temporelles du cyberharcèlement entraîne l’impossibilité pour lui/elle de trouver un lieu “refuge” pour se ressourcer, et ce, qu’elle ait les ressources internes de le faire ou pas.


La violence à l’école, qu’elle soit subie ou exercée par votre enfant (et oui, il se peut que votre ado ou votre enfant se place en tant que harceleur), n’est jamais anodine. Il est impératif d’agir vite et d’apporter une réponse commune tant au niveau scolaire que parentale



Le harcèlement du point de vue psychologique


L'urgence d'agir en cas de harcèlement


Le harcèlement scolaire à des répercussions sur l’ensemble des acteurs.

Du côté de l’agressé et à très court terme, le tableau clinique ressemble à celui des syndromes post-traumatiques: trouble du métabolisme, du sommeil, de l'appétit, arrêts de la croissance ou chute immunitaire….


Une forme “d’indisponibilité psychique” liée à la peur et surtout l’isolement social.


A moyen terme, ce sont les signes dépressifs avec risque de passage à l’acte suicidaire et l’échec scolaire.


Enfin, lorsque les enfants sont trop longtemps exposés au harcèlement ou mal accompagnés par les adultes ces symptômes s’installent sur du long terme renforçant l’isolement social, professionnel et dégradant l’estime de soi.


Harcelé et harceleur : comment se déroule le harcèlement ?


On oublie plus volontiers le point du vue du harceleur.


Pourtant ce dernier partage bien souvent un point commun avec sa victime : la vulnérabilité psychique.

Harceler l’autre sert à masquer son propre mal-être et bien souvent l’agressivité et la violence camouflent des blessures narcissiques profondes.


Voilà pourquoi la dépendance à la violence s’installe aussi vite chez un harceleur car en exerçant son pouvoir sur plus faible que lui, il comble un manque d’amour propre et se “rassure” intérieurement.


Pour maintenir ce sentiment de sécurité il est condamné à reproduire des situations de harcèlement.


Ce phénomène de répétition de la violence entraînera un manque d’empathie vis à vis de la victime, c’est à dire que le harceleur finit par “justifier” sa violence dans le seul but de faire perdurer la situation de harcèlement et donc de réassurance pour lui !


Ceci soulève également un grand questionnement: doit-on exclure de l’école un harceleur au risque de renforcer sa tendance à la répétition ? Quelle prise en charge pour eux sans risque de marginalisation ?

Tout comme le harcelé, le principal risque sur du long terme chez les harceleurs réside dans les symptômes dépressifs, l’isolement social et professionnel et la dégradation de l’estime de soi.


Toutefois, pour le harceleur il faudra également rajouter le risque de délinquance et/ou de devenir un “maltraitant chronique” avec toutes les conséquences familiales, sociales et professionnelles qui en découlent.



Le spectateur : celui qui est témoin du harcèlement


Témoins passifs trop souvent oubliés ou évincés des préconisations, il semblerait que personne ne s’inquiète de l’empreinte émotionnelle créée par cette violence et des choix implicites qui vont en découler en matière de construction identitaire. Ici les risques se mesurent de façon plus aléatoires et dépendent pour beaucoup de l’âge du spectateur et de l'écho que cette violence va trouver dans l’histoire de vie de chacun.


Un adolescent peut basculer dans la violence par peur d’être lui-même agressé.


Ce mécanisme -bien connu des psychologues- s’appelle l’identification à l’agresseur et entraîne une “déformation du moi”, c’est à dire que le jeune adolescent “choisit” de devenir “méchant” pour ne pas incarner le “faible”.

Tous les parents connaissent cette stratégie où l’enfant de 6 ans joue à être le fantôme justement parce qu’il a peur du fantôme.


Ici le même processus psychique s’opère sauf qu’il ne s’agit plus d’un jeu ! L’autre risque majeur qui s’observe de façon quasi systématique est commun à celui du couple harcelé-harceleur : la baisse de l’estime de soi.


Ce manque d’estime de soi résulte directement du sentiment de lâcheté qui découle de ne pas avoir dénoncé les faits.


Bien entendu, en fonction de la gravité des faits observés le sentiment de culpabilité viendra compléter le tableau clinique.


Par Marie-Françoise Bertrand,

Psychologue Clinicienne et Présidente My Family Up


Pour agir au plus juste, My Family UP vous accompagne dans la détection du harcèlement et l’ouverture au dialogue : cliquez-ici


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